Vendredi 15 mai 2009
 


Dans un bar, quelque part sur cette planète, a une époque incertaine. Je m'assois au comptoir, sur un tabouret en bois habillé de cuir sur le dessus, un cuir noir et abîmé. Si j'étais mélancolique, je dirais qu'il ressemble a mon coeur, mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur ce que je suis.Ce que je suis? Je suis seul, comme d'habitude. Je commande un verre. Non pas de whisky merci, je prendrais plutôt une bière. Une pinte, si vous avez. Merci. Je suis donc assis, accoudé au bar, comme d'habitude. Ce soir la, il y avait un jazzman, un très bon jazzman. Il tourne le dos a la scène, a la manière de Miles Davis. Heureusement qu'il y a de la musique dans ce bar, sinon je serais parti depuis longtemps, ou je me serrai ouvert les veines, c'est selon. Combien je vous dois? Non je ne parle pas a vous madame, ce n'est pas dans mon genre de prendre la moindre femme en mini jupe pour une catin. Je parle juste au Barman. Tenez, merci a vous. Je disais donc, je suis seul, volontairement peut être. Je suis tellement invivable et paranoïaque que tous mes proches amis on fini par me lâcher. Je les comprends. Comment rester au côté d'un sale con aigris qui ne fait rien pour arranger sa situation.Depuis, je me laisse aller. Je porte les mêmes vêtements depuis une semaine. Est-ce la le signe de ma déchéance? Peut être, a dire vrai, j'en ai rien a foutre. Je suis en vie c'est l'essentiel. Excusez moi, vous n'avez pas une cigarette? vous n'avez pas autre chose? Tant pis je m'en contenterai. Putain de pauvre, toujours a fumer de la paille. On devrait interdire de vendre cette merde. Oui, je veux bien. Une autre pinte, si vous avez. Je bois, comme d'habitude. Cela ne noie pas mes souci, ses salauds ont appris a nager depuis le temps. Il reste a la surface, a me narguer, a me pourrir. Comment mettre fin a 40 ans de maux?
J'ai l'impression de devenir fou, je me pose des questions auquel je ne pourrais jamais répondre. C'est déjà pas mal que je m'en rende compte. Je me rend compte que j'ai un problème, c'est le premier pas envers la guérison a ce qu'on dit. Merde, je suis donc malade. Je suis peut être fou. Mais ça, il n'y aura personne pour me le dire en face, les seuls personnes qui aurait pu appartiennent maintenant a mon passé. Je suis seul, comme d'habitude, je cris a l'aide mais personne ne m'entend, enfin, personne ne m'écoute. C'est comme moi avec le jazzman. Je l'entend mais ne l'écoute pas. Il crie peut être sa détresse depuis 10min dans son sax mais moi je ne l'écoute pas. Je suis un salaud, et bizarrement, c'est mon rare point commun avec l'ensemble de l'humanité.
Par Vidotto X. - Publié dans : Nouvelle
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